En 2024, la France a intensifié sa lutte contre le piratage audiovisuel, en particulier contre les services IPTV illégaux qui continuent de prospérer sur le web. Cette année a été marquée par une montée en puissance des mesures techniques et judiciaires destinées à restreindre l’accès à ces plateformes pirates.
Parmi les signaux les plus révélateurs de cette stratégie renforcée, on note une hausse spectaculaire de 146 % des blocages de noms de domaines liés à l’IPTV illégale. Ce chiffre illustre clairement la volonté des autorités françaises, épaulées par les ayants droit, de porter un coup dur à l’écosystème pirate en multipliant les actions de blocage à la source. Fournisseurs d’accès à Internet (FAI), hébergeurs et moteurs de recherche sont aujourd’hui davantage sollicités pour supprimer l’accès à ces services frauduleux.
Pourtant, malgré ce durcissement, le piratage audiovisuel conserve une emprise solide : selon les dernières données, près de 24 % des internautes français continuent d’accéder à du contenu illégal en ligne. Une proportion préoccupante, qui révèle une résilience forte des pratiques pirates malgré les risques juridiques et les restrictions techniques.
Mais le mode de consommation évolue. Là où l’abonnement classique à des services IPTV illégaux prédominait il y a quelques années, on constate désormais un glissement vers des usages plus discrets. Beaucoup d’utilisateurs optent pour des VPN afin de masquer leur localisation et brouiller les pistes, ou préfèrent accéder à des contenus via des plateformes de streaming illégales moins visibles, souvent hébergées à l’étranger et régulièrement migrées pour éviter le blocage.
Ce phénomène traduit une mutation du piratage en France : il devient plus furtif, plus difficile à détecter, mais non moins actif. En ce sens, le recul apparent de l’IPTV classique ne signifie pas une victoire complète, mais plutôt une délocalisation des usages vers des circuits moins exposés.
La réponse des autorités devra donc continuer à s’adapter, avec un équilibre entre répression et prévention, et une coopération renforcée entre les acteurs du numérique, les institutions judiciaires, et les fournisseurs d’accès. La guerre contre le piratage IPTV est loin d’être terminée, mais elle entre dans une nouvelle phase, plus complexe, et résolument numérique.
