IPTV pirate : Google DNS contraint de bloquer 19 domaines par décision de justice
Le Tribunal judiciaire de Paris a rendu une décision significative dans la lutte contre le piratage de contenus sportifs : il a ordonné à Google d’empêcher l’accès à dix-neuf noms de domaine utilisés par des sites de streaming illégaux via son résolveur DNS public. Cette mesure s’applique pour toute la saison 2025-2026 de la Ligue des champions et vise à combler les failles exploitées par les internautes pour contourner les blocages classiques imposés aux fournisseurs d’accès à Internet.
Une cible stratégique dans la lutte contre le piratage sportif
La pratique de l’IPTV pirate, qui permet de visionner gratuitement et illégalement des matchs et autres contenus sportifs, touche une part non négligeable des internautes français. Constatant que certains utilisateurs contournent les blocages des FAI en recourant à des DNS publics comme celui de Google (notamment 8.8.8.8), la justice française a étendu le dispositif aux résolveurs DNS externes.
L’ordonnance rend ainsi Google responsable de filtrer, à sa hauteur, ces domaines afin de réduire l’accès illicite aux contenus sportifs protégés par des droits de diffusion, notamment ceux de la Ligue des champions.
Une liste de domaines visés dans le dispositif
Parmi les sites désormais bloqués via le DNS de Google figurent notamment : daddylive3.com, hesgoal-tv.me, streamysport.org ou encore vavoo.to. Certaines plateformes proposant des services IPTV payants s’y trouvent également, comme smartersiptvpro.fr ou ott-premium.com.
Le mécanisme de blocage est qualifié de dynamique : si les opérateurs des sites pirates changent de nom de domaine pour échapper à la mesure, ces nouveaux domaines pourront être validés par l’ARCOM puis ajoutés à la liste que Google devra bloquer à son tour.
Les arguments de Google rejetés
Google a tenté de contester cette injonction en invoquant principalement deux arguments :
Plusieurs des sites incriminés utilisent l’infrastructure de distribution de contenu de Cloudflare, ce qui, selon Google, rendrait plus efficace un blocage à ce niveau plutôt qu’au niveau DNS.
Le blocage par DNS serait facilement contournable, par exemple via un VPN ou un autre résolveur.
Le tribunal a rejeté ces arguments, soulignant que l’article L. 333-10 du Code du sport ne hiérarchise pas les intermédiaires techniques qui peuvent être sollicités pour faire appliquer un blocage, et que ni les moteurs de recherche ni les résolveurs DNS, ni les fournisseurs d’accès à Internet ne sont exemptés de cette obligation.
Une étape dans l’offensive contre le streaming illégal
Cette décision s’inscrit dans une stratégie juridique plus vaste visant à rendre plus difficile l’accès à des contenus piratés, en incluant des acteurs techniques jusqu’alors peu visés. En fermant cette échappatoire par DNS public, les autorités françaises espèrent réduire l’utilisation de ces services illégaux, même si des moyens de contournement techniques (VPN, autres DNS) restent possibles pour certains utilisateurs.
P. DURAND
